Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent à Maurice. À l’occasion de Mars Bleu, le mois de sensibilisation au cancer colorectal, le Dr Pierrot Chitson, spécialiste en médecine interne et en gastro-entérologie, nous parle de cette maladie, des moyens de réduire les risques et de l’importance de se faire dépister.
Pourquoi développe-t-on un cancer du côlon ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’apparition du cancer colorectal.
D’abord, le mode de vie moderne semble jouer un rôle important. Une alimentation riche en fast-food, en aliments transformés et en viande rouge, mais pauvre en légumes et en fruits, peut augmenter le risque de développer un cancer du côlon. La consommation fréquente de fritures peut également contribuer à ce risque.
Il existe aussi des facteurs héréditaires. Lorsqu’il y a des cas de cancer du côlon dans la famille, le risque est plus élevé.
Quelle est la population à risque ?
Certaines personnes présentent, en effet, un risque plus élevé de développer un cancer colorectal. C’est notamment le cas des personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, des personnes âgées de plus de 40 à 45 ans. Et puis, il y a aussi le mode de vie comme évoqué plus tôt.
On peut, donc, prévenir le cancer du côlon ?
Certains gestes peuvent aider à réduire le risque de cancer colorectal. Il est notamment recommandé d’adopter une alimentation équilibrée, riche en légumes, en fruits et en fibres, de limiter la consommation de fast-foods et d’aliments industriels, de réduire la consommation de viande rouge et d’huile, et de privilégier autant que possible des aliments frais.
S’il y a antécédents dans la famille, comment on fait pour se protéger ?
L’hérédité peut jouer un rôle important. Si un parent a eu un cancer du côlon, deux approches sont possibles :
- Le test génétique, qui permet de rechercher certaines prédispositions héréditaires. Ce type de test n’est pas toujours facilement accessible à Maurice, mais il est possible d’envoyer un échantillon de sang à l’étranger pour analyse.
- Le dépistage précoce. Lorsqu’il existe des antécédents familiaux, il est recommandé de commencer le dépistage plus tôt. En règle générale, le dépistage commence à partir de 45 ans. Mais si une personne dans la famille est touchée par un cancer du côlon, il est conseillé de commencer vers 40 ans.
Quels sont les symptômes ?
Malheureusement, au début, le cancer du côlon ne provoque souvent aucun symptôme. C’est pourquoi le dépistage est essentiel.
Lorsque des symptômes apparaissent, la maladie est parfois déjà plus avancée. Les signes peuvent inclure du sang dans les selles, des douleurs abdominales ou encore un changement du transit intestinal (alternance constipation et diarrhée).
Comment se fait le dépistage ?
Le dépistage peut commencer par un test de selles, appelé test FIT (test immunologique). Ce test permet de détecter dans les selles des traces invisibles de sang ou certains marqueurs pouvant être associés à un cancer du côlon.
Si le test est positif, il faut alors réaliser une colonoscopie. Cet examen consiste à introduire un appareil dans le côlon afin d’observer directement l’intérieur de l’intestin. Il se fait généralement sous une légère sédation pour le confort du patient.
Cet examen permet de détecter des polypes, qui sont de petites excroissances dans l’intestin. S’ils sont détectés très tôt et retirés lorsqu’ils sont encore petits, la guérison peut être quasi totale. En revanche, lorsqu’ils deviennent plus gros, par exemple au-delà de 2 cm, ils peuvent devenir plus dangereux.
À quelle fréquence doit-on se faire dépister ?
L’Europe recommande l’analyse de selles tous les deux ans et les États-Unis tous les ans. Pour la colonoscopie tous les 5 à 10 ans, dépendant des risques.
En règle générale, le dépistage commence à partir de 45 ans. Mais si une personne dans la famille est touchée par un cancer du côlon, il est conseillé de commencer plus tôt.
Quels sont les traitements ?
Le traitement dépend du stade de la maladie mais il peut inclure la chirurgie, pour retirer la partie atteinte du côlon et la chimiothérapie, dans certains cas.